Même si vous n’y êtes jamais allé vous-même, vous connaissez sans doute désormais la réputation de Milan.
La ville la plus cosmopolite d’Italie s’articule autour d’une cathédrale gothique impressionnante, dont la façade richement décorée est le fruit de siècles de travail, d’un quartier commerçant de luxe qui rivalise peut-être avec Paris, et d’une scène gastronomique d’exception en son genre.
Puis il existe une ville moins mise en lumière, que très peu de touristes ont ne serait-ce qu’en ligne de mire :
À seulement 36 minutes en train à grande vitesse, avec des tarifs anticipés à partir de seulement 9 dollars, vous pouvez découvrir la deuxième plus grande ville du Lombardie, un pôle de 200 000 habitants abritant des ruines romaines classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, des trattorias familiales servissant des pâtes à 15 dollars, et des places de village peu fréquentées que l’on ne trouve tout simplement pas à Milan.
Mon seul regret, en tant que visiteur aguerri de l’Italie qui a vu le pays plus de fois que je ne peux compter, avec plus de 30 villes italiennes à mon actif ? Ne pas avoir découvert Brescia plus tôt :
La métropole nordique oubliée de l’Italie
Au fil de mes années de voyage en Lombardie, une région dirigée par la puissance économique que représente Milan, je n’ai jamais pris la peine d’aller voir Brescia pour voir ce que le deuxième hub pouvait offrir.
Et sachant que l’Italie sait étonner avec des trésors inattendus, j’aurais dû me douter qu’il valait mieux ne pas écarter Brescia comme simple plaque de transit.

Mais le véritable clou du spectacle ici est sans doute la Vénus ailée de Brescia, une statue en bronze extraordinaire datant d’environ 2 000 ans, exposée dans l’une des salles du temple. Pensez à la Victoire ailée du Louvre, mais sans les foules de touristes chinois qui s’agglutinent à ses pieds pour des selfies.
Le sanctuaire républicain attenant est tout aussi impressionnant, préservant des fresques murales colorées qui ont traversé les siècles bien avant même l’Empire romain.
Le quartier tout autour du temple, qui occupe l’ancien cœur civique de Brixia, la Brescia romaine, regorge de traces antiques :
Il existe aussi un théâtre romain partiellement préservé à proximité, bien que je n’ai pas pu le visiter car il était temporairement fermé, ainsi que des traces de l’ancien forum et une basilique romaine nichée dans une placette calme entourée de ces immeubles pastel typiquement italiens.
Non pas une, mais deux cathédrales
L’histoire romaine n’est pas la seule raison qui rend Brescia digne d’un arrêt sur le trajet :
La Piazza Paolo VI est une superbe place qui accueille non pas une, mais deux cathédrales érigées côte à côte. L’une d’entre elles est une rotonde du XIe siècle nommée Duomo Vecchio :
Conçue dans le style roman, avec une configuration intérieure circulaire unique, d’énormes piliers de pierre soutenant une coupole centrale, et des ajouts de la Renaissance et du Baroque plus tardifs — les autels richement décorés à l’arrière sont particulièrement impressionnants — c’est le genre de beauté médiévale discrète qui surprend agréablement.
Puis il y a la seconde cathédrale, ou comme on dit, Duomo Nuovo, un chef-d’œuvre italiano-baroque à façade en marbre blanc reconnaissable, et un intérieur simple, blanc mais grandiose, couronné par une énorme coupole et relativement dépourvu des ornements excessifs habituels.
La définition même de « moins, c’est plus ».
Une place cathédrale serait normalement l’événement central dans n’importe quelle ville italienne, mais pas à Brescia.
À environ trois minutes à pied des cathédrales, Piazza della Loggia est la place emblématique de la ville :
Entourée d’élégants bâtiments civiques du XVIe siècle qui pourraient facilement figurer le long d’un canal à Venise, et dominée par une magnifique horloge astronomique de la Renaissance, c’est le genre d’endroit où l’on pourrait passer tout un après-midi à simplement contempler.
Puis il y a le Palazzo della Loggia, un grand palais de la Renaissance à la façade en marbre ornée, et les arcades magnifiquement conservées qui longent le côté opposé de la place.
Honnêtement, si on ne savait pas mieux, on jurerait être dans un coin plus calme de Venise.
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Brescia est-elle sûre ?
Brescia est généralement une destination sûre pour les touristes, en particulier autour de son centre historique, où les délits violents contre les visiteurs sont rares et où la plupart des attractions se parcourent à pied.
L’Italie demeure sous une recommandation de voyage de Niveau 2 du Département d’État américain, en raison du terrorisme, mais il s’agit d’une classification nationale et non d’un avertissement spécifique à Brescia.
Les vols à la tire peuvent survenir autour des gares, des places bondées et des transports publics, il faut donc appliquer les précautions habituelles.
Pendant mon ascension vers le quartier du château, qui se situe environ 15–20 minutes de marche en montée depuis la Piazza della Loggia, j’ai demandé à Claude quel monument moins fréquenté je pourrais ajouter à l’itinéraire sans m’écarter trop du chemin principal.
Je ne suis pas du genre à me reposer sur l’intelligence artificielle pour planifier mes voyages — je préfère suivre les conseils locaux et faire des recherches à l’ancienne — mais bon, le temps pressait et, pour une fois, cela a réellement porté ses fruits.
Souvent surnommée la Sixtine de Brescia, Chiesa di San Cristo est ce ensemble religieux du XVe siècle avec trois cloîtres atmosphériques et une église entièrement vêtue de fresques de la Renaissance, avec des murs et plafonds magnifiquement peints représentant des scènes bibliques.
En franchissant la porte, c’est une explosion de couleurs, avec des fresques centenaires couvrant pratiquement chaque centimètre de l’intérieur, des voûtes vertigineuses aux chapelles latérales.

Je suis resté réellement impressionné, et pour une fois, j’approuve ce message.
En montant, et après quelques dizaines de pas et bien des souffles, j’ai atteint le parc urbain juste sous le Castello : une zone luxuriante bordée d’arbres, avec des points de vue en terrasse offrant des vues sur la vieille ville et Brescia moderne, dominée par des sommets préalpins à l’horizon.
C’est peut-être le meilleur point de vue gratuit de toute la Lombardie.
Et penser que, pour obtenir une perspective aérienne similaire sur Milan, il faut généralement dépenser pour un cocktail à 20 $ dans l’un de ces bars sur les toits, ou au moins 18 $ pour un billet sur une terrasse du Duomo. Pff.
Le château lui-même est superbe, avec ses tours imposantes offrant des perspectives différentes sur le même panorama à 360°, des ponts-levis et des fossés profonds; et, chose surprenante, on peut encore parcourir les terrain et les cours intérieures gratuitement.

Vous rencontrerez des murs lorsque vous visiterez les musées situés dans la forteresse, et c’est valable pour le Museo delle Armi Luigi Marzoli, qui abrite une collection remarquable d’armes et d’armures médiévales et de la Renaissance.
Si votre temps ou votre budget ne le permettent que pour une seule attraction payante, privilégiez le Temple Capitol dans le forum romain, d’autant plus que le billet combiné à 21 dollars couvre aussi les musées du château et d’autres sites culturels majeurs.
En fait, Brescia est, compte tenu de sa taille, relativement abordable, surtout comparée à Milan en ce qui concerne l’hébergement :
Prix moyens à Brescia, Italie
- Goûter de boulangerie, tel qu’un cornetto ou patisserie au chocolat : 2,25 $
- Piada traditionnelle avec jambon et fromage : 6,50 $
- Une portion de casoncelli alla bresciana dans une trattoria décontractée : 15 $
- Repas de trois plats dans un restaurant milieu de gamme : 42 $ par personne
- Cappuccino : 2,55 $
- Transports publics : 1,90 $ pour un billet simple en zone unique
- Pass journalier transport : 4,25 $
- Taxi : environ 10–15 $ pour une courte course locale
- Simple pension ou chambre privée : 75–90 $ par nuit
- Hôtel 4 étoiles : 170 $ et plus par nuit

Le centre historique concentre la plupart des attractions, y compris le Temple Capitol, les cathédrales, le château et la Piazza della Loggia, mais Brescia ne se révèle vraiment que lorsque l’on sort des ruelles pavées fréquentées par les touristes et que l’on s’aventure dans ses quartiers résidentiels.
Heureusement pour les touristes pressés comme nous, qui ne font que passer, Brescia dispose d’un métro de 17 stations desservant une bonne partie de la ville, et les billets journaliers coûtent seulement 4,25 $ :
Top 6 des spots à explorer à Brescia avec le métro
- Bresciadue (gare Bresciadue) : Le quartier d’affaires moderne de Brescia, avec ses tours vitrées, une architecture contemporaine et le Parc Castelli à proximité.
- Parco Castelli (gare Mompiano) : un vaste parc urbain arboré au pied des collines, parfait pour échapper à l’agitation du centre.
- Sanpolino (gare Sanpolino) : un quartier résidentiel moderne connu pour son street art vibrant, ses fresques murales à grande échelle et ses espaces verts publics.
- Museo del Ferro (gare Prealpino) : un petit musée du patrimoine industriel installé sur un site sidérurgique historique, à environ 10 minutes du métro.
- Parco delle Cave (gare Sant’Eufemia-Buffalora) : une vaste réserve naturelle avec d’anciens lacs de carrière, des sentiers paisibles et des points d’observation d’oiseaux.
- Parco Cimabue (gare San Polo Parco) : un espace vert résidentiel calme offrant un aperçu de la vie quotidienne à Brescia moderne, loin du circuit touristique.
Ce n’est pas un city-break italien sans manger la moitié de son poids en pizza et pâtes, mais, pour être honnête, connaissant la région et sa gastronomie sur le bout des doigts à ce stade, je n’étais pas encliné à déguster l’ossobuco et le risotto alla Milanese habituels.
J’avais plutôt envie de quelque chose d’un peu différent ce jour-là, avant de quitter l’Italie.
Pour ma visite à Brescia, je me suis surtout tourné vers des encas rapides, comme des piadine et des pâtisseries, et mon seul repas assis fut un bol fumant de ramen chez Verde Ramen, un petit restaurant japonais local servant des soupes véritablement savoureuses dans le Centre Historique.
Alors, si vous passez par Brescia et que vous avez faim d’un ramen on ne peut plus riche, infusé de truffe et d’autres saveurs, Verde Ramen est votre option à 17 $.
Ils proposent même une version Brescia inspirée, avec du bœuf local, aux côtés de bouillons plus traditionnels à base de miso et de sésame, servis avec des nouilles maison.
J’ai aussi une recommandation plutôt locale qui ne vient pas de moi directement, mais d’un ami milanais qui a lui aussi visité Brescia à plusieurs reprises.
Merci, Valter.
Si vous cherchez à goûter la cuisine typique de Brescia, avec ses casoncellimanzo all’olio mijoté et un généreux verre de vin Franciacorta pour accompagner le tout, alors Osteria Al Bianchi est l’endroit où aller.

Coincés Via Gasparo da Salò, juste à deux pas de la Piazza della Loggia, se trouve une osteria historique et traditionnelle remontant au XIXe siècle, qui attire toujours une foule de locaux fidèles.
Un repas typique ici, avec plat principal, verre de vin et dessert, vous reviendra à environ 35 $ par personne, selon ce que vous commandez.
Elle est aussi célèbre pour sa tradition d’apéritivo, lorsque les habitants se réunissent autour d’un verre de pirlo, la version Bresciaine du spritz, souvent accompagnée de bertagnì, une collation traditionnelle de morue frite.
Désolé pour ce glissement cosmopolite, mais je ferai mieux la prochaine fois. Et croyez-moi, il y aura bien une prochaine fois, car Brescia pourrait bien être l’une de mes découvertes sous-estimées favorites de toute l’Italie.